Saint-Grégoire-le-Grand, qui est-il?

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un grand homme….un grand pape…un grand saint…

Fils de sainte Sylvie. Saint Grégoire le Grand est né à Rome, en 540. Il était fils de la famille patricienne, c’est-à-dire de la noblesse romaine. Il était l’arrière-petit-fils du pape Félix III qui avant d’être clerc, avait été marié. Son père s’appelait Gordien et sa mère est celle que la chrétienté honore sous le nom de la sainte Sylvie. La famille de Grégoire le destinait à la magistrature. Effectivement, il a été préfet de Rome à l’âge de 32 ans, de 572 à 574, sous l’empereur Justin II. Alors qu’il était noble, riche, puissant et respecté, il vendit presque tous ses biens, en distribua le profit aux pauvres et fondat sept monastères, dont l’un dans son propre palais de Rome, et les six autres dans ses domaines de Sicile. À compter de ce moment, il se fit moine bénédictin dans son monastère de Rome. Cinq ans plus tard, en 579, le pape d’alors, Pélage II, lui conféra le diaconat et l’envoya comme nonce apostolique à Constantinople. Il revint à son monastère de Rome sept ans plus tard, c’est-à-dire en 586, et sa célébrité ne cessa de grandir à cause de sa piété et de ses oeuvres. En 590 survint la mort du pape Pélage II. À cette époque, Rome était durement éprouvée par les débordements du Tibre et les ravages de la peste.

Élu pape à l’unanimité. C’ est alors que le clergé et toute la population de Rome choisirent spontanément et unanimement Grégoire comme pape, par acclamation, c’est-à-dire sans qu’il fut question d’une autre candidature. Grégoire a résisté à cette élection. Il a même tenté de fuir Rome, mais sans succès, et son élection a été confirmée par l’empereur Maurice. Il fut consacré à Saint-Pierre de Rome le 3 septembre 590.

Son règne a duré 14 ans, c’est-à-dire jusqu’à sa mort survenue en 604. Il était âgé de 64 ans. Ce règne a surtout été marqué par ses préoccupations de pasteur. Il est l’auteur de « Règle pastorale », de « Dialogues », et aussi d’un volume « d’Homélies ». Il a constamment travaillé à l’unité et à la ferveur de la chrétienté.

Son action pastorale ne s’est jamais dissociée de sa préoccupation de soulager tous les maux de son temps, en combattant plus spécialement l’esclavage.

Un contemplatif. Saint Grégoire le Grand a voulu être, et il a été, un moine de l’Ordre de saint Benoît. Sa renommée de bonté et de sainteté l’a fait élire, contre son gré, à la succession de saint Pierre. C’est ainsi qu’il a été tiré de sa vie contemplative. Il disait être malheureux des soins qu’il devait donner aux affaires extérieures qui l’accaparaient.

Il disait: « La charge d’évêque (de Rome) m’accable aujourd’hui d’affaires matérielles. » On cite encore de lui que « La connaissance de Dieu nous vient par les Écritures et par les inspirations secrètes ».

Dieu parle bas. Ce grand contemplatif, pour qui la prière était, si l’on peut dire, une ligne directe entre son âme et le Créateur, savait sûrement de quoi il parlait quand il affirmait: « L’inspiration divine se pressent, mais on ne peut l’exprimer par des paroles. Pour l’entendre, l’âme doit se retirer des réalités extérieures. Car Dieu ne se manifeste pas à découvert. Il se sert de signes, il parle bas. Il visite l’âme dès le matin, sa lumière chasse les ténèbres, lui donnant à contempler la vérité.  »

Et il ajoutait que  » Dieu ne se révèle qu’obscurèment, derrière certaines images ».

Vous allez à Dieu? N’y allez pas seul. Voici d’autres très belles choses que Grégoire disait aux femmes et aux hommes de son temps. Quinze siècles plus tard nous pouvons, nous aussi, en faire notre profit: « Entraînez les autres avec vous; qu’ils soient vos compagnons sur la route qui mène à Dieu. Quand vous rencontrez, en allant sur la place ou au bain, quelque désoeuvré, invitez-le donc à vous accompagner. Car vos actions terrestres elles-mêmes servent à vous unir aux autres. Vous allez à Dieu? Essayez de ne pas y arriver seuls. Que celui qui, dans son coeur, a déjà entendu l’appel de l’amour divin en tire pour son prochain une parole d’encouragement. Peut-être n’avez-vous pas de pain pour le donner à un mendiant, mais celui qui a une langage peut donner mieux que du pain. Car nourrir de l’aliment de la Parole une âme destinée à vivre éternellement est mieux que rassasier d’un pain terrestre un corps qui doit mourir un jour. Prenez donc bien garde de priver votre prochain de l’aumône de la Parole. C’est un avertissement que je me donne autant qu’à vous.

Allumer l’incendie d’amour. Notre saint patron encore: « L’Esprit est apparu sous forme de langue parce que tout homme touché par lui rend témoignage à la Parole de Dieu, c’est-à-dire à son fils unique; et il ne peut renier la Parole de Dieu, celui qui a désormais pour langue l’Esprit-Saint. »

 » Assurément aussi, l’Esprit est apparu en langues de feu, car il rend tous ceux qu’il remplit, à la fois ardents et éloquents. Ceux qui enseignent ont des langues de feu, parce que, cpendant qu’ils prêchent l’amour de Dieu, ils enflamment les coeurs de leurs auditeurs. Car c’est en vain que parle celui qui enseigne, s’il ne peut allumer l’incendie d’amour.  »

Une source d’inspiration. Inspirés par l’exemple de saint Grégoire le Grand, les malades et les infirmes ne doivent pas renoncer à faire de grandes choses. En effet, saint Grégoire le Grand était de snté très fragile. Les dernières années de sa vie il devait garder le lit et pouvait à peine, les jours de fête, se lever trois heures pour célébrer. En dépit de cette santé précaire, Grégoire a fait de si grandes choses et avait si grande renommée qu’il est le seul des quelques 265 successeurs de saint Pierre, à l’exception de saint Léon, auquel la postérité ait attaché le surnom de « Grand ».

Avec saint Ambroise, saint Jérôme et saint Augustin, il est l’un des quatre docteurs de l’Église romaine. On a commencé à le vénérer comme saint aussitôt après sa mort. Sur son épitaphe on peut lire cette éloquente inscription: LE CONSUL DE DIEU

Les pauvres, nos avocats pour le jour du jugement. Le souverain pontife Grégoire Ier, connu maintenant sous le nom de saint Grégoire le Grand, se désignait lui-même comme le serviteur des serviteurs de Dieu. Tous les papes qui lui ont succédé depuis s’honorent de ce titre. Il a été le serviteur de tous les serviteurs de Dieu, plus particulièrement des pauvres. Pour notre édification, en conclusion à ces quelques notes, citons cet éloquent et touchant passage d’une homélie de saint Grégoire le Grand où il est question des pauvres: « Mes frères, vous qui connaissez à la fois le repos de Lazare et quelle est la peine du riche, montrez-vous avisés…, procurez-vous des avocats pour le jour du jugement en la personne des pauvres. Maintenant, en effet, vous avez beaucoup de Lazare; ils sont à vos portes, sans force, et ce qui leur manque, c’est ce qui tombe chaque jour de la table dont vous sortez repus… »

Lequel des pauvres est le Christ? « Vous les pauvres qui se présentent et, avec insistance, nous supplient, eux qui un jour, viendront intercéder pour nous. Voyons si nous devons refuser ce qu’on nous demande, quand ce sont nos avocats qui nous le demandent. Ne laissez donc pas passer le temps de la bonté, ne négligez pas les remèdes qui vous sont donnés. Avant l’heure du supplice, réfléchissez au supplice. Quand vous voyez dans le monde des hommes de très basse condition, même si quelque chose en eux paraît répréhensible, ne les méprisez pas, car peut-être la pauvreté sert de remède à la blessure de leur faiblesse morale.

Prions notre saint patron. Voilà des paroles de saint homme. S’il n’était pas déjà reconnu comme saint, nombreux serions-nous à proposer sa canonisation. Tel n’est pas le cas, cependant, puisque c’est fait depuis déjà quinze siècles et qu’il a été désigné comme patron et protecteur de notre communauté paroissiale. On nous a confiés un grand saint. Profitons-en! Prions-le et demandons-lui d’intercéder pour nous qui sommes pauvres à plusieurs points de vue. Nous en avons tellement besoin.

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